vendredi 23 janvier 2026

Deux discours de Davos

 Voici la différence entre les deux discours de Davos, et elle en dit bien plus que ce que l'on veut bien admettre.

Carney est entré dans une salle remplie d'élites mondiales et a fait exactement ce que ce public attendait.
Il a parlé avec des phrases ciselées.
Il a fait des références historiques.
Il a utilisé un langage vague, du genre «on sait tous de qui je parle».
Il a critiqué les États-Unis sans jamais prononcer les mots «États-Unis» ou «Trump».
Pourquoi ?
Parce que ce public déteste l'honnêteté brutale, à moins qu'elle ne soit enrobée d'un langage académique et d'une posture de supériorité morale.
Carney ne s'adressait pas aux électeurs.
Il s'adressait au cercle des initiés.
On pouvait presque entendre les hochements de tête.
Les murmures d'approbation.
L'énergie du «enfin quelqu'un l'a dit».
Mais remarquez ce qu'il n'a pas fait.
Il n'a pas nommé Trump.
Il n'a pas nommé les États-Unis.
Il n'a pas assumé directement les critiques.
C'était sans risque.
C'était codé.
C'était fait pour plaire.
C'est comme ça qu'on marque des points à Davos.
Comparons cela à Trump.
Trump monte sur scène et fait exactement le contraire de ce que l'assistance attend.
Il nomme les personnes concernées.
Il interpelle directement Carney.
Il dit, haut et fort, à qui il répond et pourquoi.
Pas de notes de bas de page.
Pas de métaphores.
Pas de subterfuges derrière des expressions comme «ordre mondial».
On peut détester sa manière de s'exprimer.
On peut détester son message.
Mais il n'y a aucune ambiguïté quant à la personne à qui il s'adresse ni au sujet de sa réponse.
L'un a lancé des piques indirectes devant un public déjà acquis à sa cause.
L'autre a riposté, publiquement, en nommant son interlocuteur, sachant pertinemment que l'assistance désapprouverait.
C'est là la véritable différence.
Carney a cherché à plaire à la foule.
Trump a fait le contraire.
Carney voulait l'approbation de personnes qui partagent déjà ses idées.
Trump se moquait que l'assistance le hue, se moque de lui ou lève les yeux au ciel.
Et voici ce que personne n'ose dire tout haut.
Si vous critiquez quelqu'un, surtout sur la scène internationale, soit vous le nommez, soit vous assumez de faire de la politique.
Carney a tenté de jouer sur les deux tableaux.
Une position morale irréprochable sans responsabilité directe.
Des critiques sans confrontation.
Trump, pour le meilleur ou pour le pire, n'a pas agi de la même manière.
Il n'est pas nécessaire d'apprécier Trump pour constater la différence.
Il n'est pas nécessaire d'être d'accord avec Carney pour reconnaître son attitude.
Un discours visait à susciter l'admiration.
L'autre visait à se faire entendre.
Et Davos révèle toujours qui est qui.

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