jeudi 9 avril 2026

Se faire documenter.... sans transparence

 Texte fascinant (mais très long!) du NY Times sur comment Trump a pris la décision d'attaquer l'Iran. Version condensée plus bas.

Ce texte confirme plusieurs de mes hypothèses:
- Netanyahou a convaincu Trump avec une vidéo léchée et une présentation intellectuellement malhonnête, laissant croire à une opération facile.
- Trump utilise un cercle restreint de loyalistes, dont plusieurs sont mal informés.
- Ça corrobore ce que je croyais sur les personnalités: Hegseth est un faucon qui veut se prouver; Général Caine donne une évaluation juste mais ne se prononce pas sur la cause; Rubio comprend les enjeux mais ne fait pas de pushback ; même chose pour Ratcliffe à la CIA ; Susie Wiles, la cheffe de cabinet, laisse les autres parler ; Tulsi Gabbard du renseignement n'est même pas invitée ; Kushner et Witkoff — un gendre sans expertise diplomatique et un promoteur immobilier de New York — sont complètement déclassés pour la tâche. Reste JD Vance, qui montre son scepticisme mais dit au président qu'il se rangera derrière lui.
- TOUS lui disent qu'ils se fient à son instinct.
- Conclusion : au-delà de l'Iran, ce récit illustre quelque chose de bien plus inquiétant: Trump se fie à un cercle restreint de loyaux mal informés. Un groupe de personnes qui lui doit tout et n'ose pas vraiment dire non. Une Maison Blanche où les décisions les plus graves reposent sur « l'instinct » d'un narcissique mégalomane, limité seulement par sa "moralité". Que ce soit les tarifs, l'Ukraine ou une guerre au Moyen-Orient, la mécanique est toujours la même. On est dans de beaux draps.
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Comment Trump a conduit les États-Unis à la guerre contre l'Iran
Par Jonathan Swan et Maggie Haberman – 7 avril 2026
Le SUV noir transportant le Premier ministre Benjamin Netanyahou arriva à la Maison-Blanche peu avant 11 heures du matin le 11 février. Le dirigeant israélien, qui pressait depuis des mois les États-Unis d'accepter une attaque majeure contre l'Iran, fut conduit à l'intérieur avec peu de cérémonie, hors de vue des journalistes, prêt pour l'un des moments les plus importants de sa longue carrière.
Les responsables américains et israéliens se réunirent d'abord dans la salle du Cabinet, adjacente au Bureau ovale. Puis Netanyahou descendit pour l'événement principal : une présentation hautement classifiée sur l'Iran destinée au président Trump et à son équipe dans la Salle de Situation de la Maison-Blanche, rarement utilisée pour des réunions en personne avec des dirigeants étrangers.
Trump s'assit, mais pas à sa place habituelle en tête de la table de conférence en acajou. Au lieu de cela, le président prit place d'un côté, face aux grands écrans montés sur le mur.
Netanyahou s'assit de l'autre côté, directement en face du président.
Apparaissant à l'écran derrière le Premier ministre se trouvait David Barnea, le directeur du Mossad, le service de renseignement étranger israélien, ainsi que des responsables militaires israéliens. Disposés visuellement derrière Netanyahou, ils donnaient l'image d'un chef de guerre entouré de son équipe.
Susie Wiles, la cheffe de cabinet de la Maison-Blanche, était assise à l'extrémité de la table. Le secrétaire d'État Marco Rubio, qui faisait également office de conseiller à la sécurité nationale, avait pris sa place habituelle. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et le général Dan Caine, président de l'état-major interarmées, généralement assis ensemble dans ces contextes, étaient d'un côté ; les rejoignait John Ratcliffe, le directeur de la CIA. Jared Kushner, le gendre du président, et Steve Witkoff, l'envoyé spécial de Trump qui négociait avec les Iraniens, complétaient le groupe principal.
La réunion avait été délibérément restreinte pour éviter les fuites. D'autres hauts responsables du cabinet n'avaient aucune idée qu'elle se tenait. Également absent : le vice-président. JD Vance se trouvait en Azerbaïdjan, et la réunion avait été organisée dans un délai si court qu'il ne put rentrer à temps.
La présentation que Netanyahou allait faire au cours de l'heure suivante serait déterminante pour engager les États-Unis et Israël sur la voie d'un conflit armé majeur au cœur de l'une des régions les plus instables du monde. Elle allait également donner lieu à une série de discussions au sein de la Maison-Blanche au cours des jours et semaines suivants — dont les détails n'avaient jamais été rapportés — au cours desquelles Trump pesa ses options et les risques avant de donner son feu vert pour rejoindre Israël dans son attaque contre l'Iran.
« Farcesque »
Les résultats de l'analyse américaine du renseignement furent partagés le lendemain, le 12 février, lors d'une autre réunion réservée aux officiels américains dans la Salle de Situation. Avant l'arrivée de Trump, deux hauts responsables du renseignement briefèrent le cercle rapproché du président.
Les responsables du renseignement avaient décomposé la présentation de Netanyahou en quatre parties. Premièrement, la décapitation — tuer l'ayatollah. Deuxièmement, paralyser la capacité de l'Iran à projeter sa puissance. Troisièmement, un soulèvement populaire en Iran. Et quatrièmement, un changement de régime, avec l'installation d'un dirigeant laïc.
Les responsables américains estimèrent que les deux premiers objectifs étaient réalisables. Ils jugèrent que les troisième et quatrième parties du discours de Netanyahou — y compris la possibilité que les Kurdes lancent une invasion terrestre de l'Iran — étaient déconnectées de la réalité.
Lorsque Trump rejoignit la réunion, Ratcliffe le briefa sur cette évaluation. Le directeur de la CIA utilisa un seul mot pour décrire les scénarios de changement de régime présentés par le Premier ministre israélien : « farcesque ».
À ce moment-là, Rubio intervint : « En d'autres termes, c'est des conneries », dit-il.
Ratcliffe ajouta que compte tenu de l'imprévisibilité des événements dans tout conflit, un changement de régime était possible, mais ne devait pas être considéré comme un objectif réalisable.
Plusieurs autres intervinrent, dont Vance, tout juste rentré d'Azerbaïdjan, qui exprima également un fort scepticisme.
Le président se tourna ensuite vers le général Caine : « Général, qu'en pensez-vous ? »
Le général répondit : « Monsieur, c'est, à mon expérience, la procédure standard des Israéliens. Ils survendent, et leurs plans ne sont pas toujours bien élaborés. Ils savent qu'ils ont besoin de nous, et c'est pourquoi ils font une présentation si forcée. »
Trump évalua rapidement la situation. Le changement de régime, dit-il, serait « leur problème » — sans que l'on sache clairement s'il faisait référence aux Israéliens ou au peuple iranien. Mais l'essentiel était que sa décision d'aller ou non en guerre contre l'Iran ne dépendrait pas de la faisabilité des parties 3 et 4 de la présentation de Netanyahou.
Trump le faucon
De tous les défis de politique étrangère auxquels Trump avait été confronté au cours de ses deux présidences, l'Iran occupait une place à part. Il le considérait comme un adversaire exceptionnellement dangereux et était prêt à prendre de grands risques pour entraver la capacité du régime à faire la guerre ou à acquérir une arme nucléaire.
Désormais de retour pour un second mandat, sa confiance dans les capacités de l'armée américaine n'avait fait que croître. Il était particulièrement enhardi par le spectaculaire raid commando pour capturer le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro depuis son compound le 3 janvier. Aucune vie américaine n'avait été perdue dans l'opération.
Au sein du cabinet, Hegseth était le plus grand partisan d'une campagne militaire contre l'Iran. Rubio indiqua à ses collègues qu'il était beaucoup plus ambivalent. Il ne croyait pas que les Iraniens accepteraient un accord négocié, mais sa préférence était de poursuivre une campagne de pression maximale plutôt que de déclencher une guerre à grande échelle.
Vance le sceptique
Personne dans le cercle rapproché de Trump n'était plus inquiet de la perspective d'une guerre avec l'Iran, ni ne fit plus pour tenter de l'éviter, que le vice-président.
Vance avait construit sa carrière politique en s'opposant précisément au genre d'aventurisme militaire qui était désormais sérieusement envisagé. Il avait décrit une guerre contre l'Iran comme « une énorme distraction de ressources » et « massivement coûteuse ».
Devant ses collègues, Vance avertit Trump qu'une guerre contre l'Iran pourrait provoquer un chaos régional et un nombre incalculable de victimes. Elle pourrait également briser la coalition politique de Trump et serait perçue comme une trahison par de nombreux électeurs qui avaient cru à la promesse de ne pas faire de nouvelles guerres.
Le vice-président souleva d'autres préoccupations. Aucune analyse militaire ne pouvait véritablement mesurer ce que ferait l'Iran en représailles lorsque la survie du régime serait en jeu. Et au-delà de tout cela, il y avait peut-être le plus grand risque de tous : l'Iran détenait l'avantage concernant le détroit d'Hormuz.
Tucker Carlson était venu plusieurs fois au Bureau ovale au cours de l'année précédente pour avertir Trump qu'une guerre contre l'Iran détruirait sa présidence. Quelques semaines avant le début de la guerre, Trump tenta de le rassurer par téléphone : « Je sais que tu t'inquiètes, mais ça va aller. » Carlson demanda comment il le savait. « Parce que c'est toujours le cas », répondit Trump.
« Je pense que nous devons le faire »
Le jeudi 26 février, vers 17 heures, une dernière réunion dans la Salle de Situation commença. Les positions de chacun dans la salle étaient désormais claires.
Vance s'adressa au président : « Vous savez que je pense que c'est une mauvaise idée, mais si vous voulez le faire, je vous soutiendrai. »
Wiles dit à Trump que s'il estimait devoir agir pour la sécurité nationale de l'Amérique, il devait aller de l'avant.
Rubio offrit plus de clarté : « Si notre objectif est un changement de régime ou un soulèvement, nous ne devrions pas le faire. Mais si l'objectif est de détruire le programme de missiles iranien, c'est un objectif que nous pouvons atteindre. »
Tout le monde s'en remit aux instincts du président.
« Je pense que nous devons le faire », dit le président à l'assemblée. Il dit qu'ils devaient s'assurer que l'Iran ne puisse pas avoir d'arme nucléaire, et qu'ils devaient faire en sorte que l'Iran ne puisse pas simplement tirer des missiles sur Israël ou dans toute la région.
Le lendemain après-midi, à bord d'Air Force One, 22 minutes avant la limite fixée par le général Caine, Trump envoya l'ordre suivant : « L'opération Epic Fury est approuvée. Pas d'annulation. Bonne chance.

dimanche 5 avril 2026

JOUR 36 : DEUX ENFERS QUI SE MENACENT

JOUR 36 : DEUX ENFERS QUI SE MENACENT
Chronique d'une guerre où tout le monde promet l'apocalypse, où l'Iran sort des armes que personne ne connaissait, et où les universités brûlent pendant que le pétrole monte...
Une loi non écrite de l'escalade verbale dans les conflits modernes suppose que plus les belligérants menacent l'apocalypse, plus ils sont proches de ne plus pouvoir l'éviter. C'est ce que les théoriciens de la dissuasion nucléaire appelaient le bord du gouffre, cette zone dangereuse où les deux parties ont tellement investi dans leurs menaces qu'elles ne peuvent plus reculer sans perdre la face, et ne peuvent plus avancer sans déclencher la catastrophe qu'elles décrivent.
Le Jour 36 est un jour de bord du gouffre.
Trump a posté sur Truth Social que l'Iran avait 48 heures pour faire un accord ou ouvrir le détroit, faute de quoi all Hell will reign down on them.
L'armée iranienne a répondu en qualifiant l'ultimatum de stupide et impuissant, et en promettant que si les infrastructures iraniennes continuaient d'être attaquées, les portes de l'enfer s'ouvriraient sur vous.
Deux pays. Deux enfers. Un même détroit fermé.
Et quelque part au milieu de ce dialogue eschatologique, un pilote américain survivait 24 heures dans la montagne iranienne avec des civils qui le traquaient pour une prime de 60 000 dollars et des hélicoptères de secours sous les tirs.
I. L'ULTIMATUM DE 48 HEURES, LE TROISIÈME, OU LE QUATRIÈME, PERSONNE NE COMPTE
Arrêtons-nous sur cette arithmétique avant toute analyse.
Trump a posé un ultimatum de 48 heures pour les centrales électriques non exécuté. Il a posé une pause de cinq jours prolongée en dix jours. Il a dit winding down et déployé des marines. Il a dit l'objectif central est accompli et annoncé deux à trois semaines de frappes supplémentaires.
Et maintenant un nouvel ultimatum de 48 heures.
Thomas Schelling, dans La Stratégie du conflit, avait établi la règle d'or de la coercition par la menace : une menace non exécutée est pire que pas de menace du tout, parce qu'elle enseigne à l'adversaire que vos menaces sont négociables. Chaque ultimatum non exécuté de Trump a appris à Téhéran la même chose que le coût de la résistance est supportable, que Washington finira par chercher une sortie, que tenir suffit.
L'Iran a nommé ce problème depuis des semaines. Araghchi l'a dit : le fait même qu'ils parlent de négociation est une admission de défaite.
Et pourtant Trump repose un ultimatum. Parce qu'il ne peut pas ne rien dire. Parce que le silence d'un président américain face à la fermeture du détroit serait politiquement plus coûteux que l'ultimatum non exécuté.
C'est le piège de la posture : on ne peut plus s'arrêter parce qu'on s'est trop avancé.
Hegel appelait ça la dialectique du maître et de l'esclave le maître qui a besoin que l'esclave reconnaisse sa maîtrise finit par dépendre de cette reconnaissance, et perd ainsi sa liberté. Trump a besoin que l'Iran capitule publiquement pour valider sa posture. L'Iran le refuse. Et Trump est pris dans sa propre rhétorique. Alors Trump veut envoyer l'enfer sur l'Iran pour le soumettre avec fracas.
II. LE SYSTÈME DE DÉFENSE INCONNU OU L'ARSENAL INFINI
L'Iran a révélé avoir utilisé un nouveau système de défense antiaérienne — jamais divulgué auparavant — pour abattre le F-15E américain.
''Unveiling them one after another in the field'', a dit le porte-parole militaire. Nous les dévoilons sur le terrain, l'un après l'autre. l'Iran est un véritable joueur d'échecs. Dans cette logique, des armes terrifiantes vont sortir l'une après l'autre au fil du conflit, l'Iran veut épuiser stratégiquement l'adversaire.
Cette phrase du porte-parole est l'une des plus significatives de toute la guerre. Elle dit : nous avons un inventaire d'armes que vous ne connaissez pas. Chaque fois que vous croyez avoir cartographié nos capacités, nous en révélons une nouvelle. Votre renseignement est incomplet. Et vous ne saurez jamais à quel point il est incomplet.
C'est la stratégie de l'incertitude érigée en doctrine militaire. Ce n'est pas nous avons plus d'armes que vous ne croyez. C'est vous ne pouvez pas savoir combien d'armes nous avons. Et l'incertitude, dans la théorie des jeux, est souvent plus dissuasive que la puissance connue.
Les services de renseignement américains — CIA, DIA, NRO — ont cartographié l'Iran pendant des décennies. Ils croyaient connaître l'essentiel de son arsenal. Le F-15 au sol prouve qu'ils se trompaient. Le nouveau système antiaérien inconnu prouve que l'étendue de cette erreur est encore indéterminée.
Et c'est précisément le message que Téhéran voulait envoyer.
Derrière ce système — et je maintiens cette analyse depuis le Jour 22 — il y a la Chine. La technologie ne vient pas de nulle part. Les armes non cartographiées, les missiles à sous-munitions, les missiles balistiques intercontinentaux qui ont atteint Diego Garcia tout cela porte une signature industrielle que Pékin connaît bien.
La Chine est le belligérant invisible de cette guerre. Et au Jour 36, son invisibilité est de moins en moins invisible.
III. LES MISSILES À SOUS-MUNITIONS SUR TEL AVIV OU LA GUERRE QUI FRANCHIT SES PROPRES LIGNES
L'Iran a utilisé des missiles à têtes de sous-munitions sur le quartier général de l'IDF à Tel Aviv.
Les sous-munitions — ces bomblets qui se dispersent sur une large zone et restent actives au sol parfois pendant des décennies — sont interdites par plus de 100 pays à travers la Convention d'Oslo. L'Iran n'est pas signataire. Israël non plus. Les États-Unis non plus.
Ce n'est donc pas une violation formelle d'un traité que ces trois pays ont signé.
Mais c'est une escalade qualitative. Les sous-munitions sur une capitale — même sur un quartier général militaire — signifient des bomblets dispersés dans des zones résidentielles environnantes. Elles signifient des enfants qui marchent sur des engins non explosés des années après la fin de la guerre.
C'est ce qu'on a vu au Liban. Au Vietnam. Au Cambodge. Au Laos. Dans tous les théâtres où les sous-munitions ont été utilisées, la guerre continue de tuer des civils longtemps après que les derniers soldats ont quitté le terrain.
Le Jour 36 vient d'ajouter cette logique à la guerre Iran-Israël.
Ce n'est pas de la rhétorique. C'est de la physique. Les bomblets sont dans le sol maintenant.
IV. LES UNIVERSITÉS OU L'ÂGE DE PIERRE QU'ON CONSTRUIT MAINTENANT
Plus de 30 universités iraniennes frappées. Shahid Beheshti University — l'une des plus prestigieuses d'Iran — touchée le 4 avril.
J'ai écrit hier sur les 700 écoles. Aujourd'hui les universités. Demain quoi ? Les bibliothèques ? Les hôpitaux que personne n'a encore évoqués dans ce bilan ?
Netanyahu dit que les IRGC utilisent ces bâtiments comme bases. C'est possible. C'est la doctrine de la présence dans le tissu civil une doctrine que les guérillas utilisent depuis que la guérilla existe, précisément parce qu'elle contraint l'adversaire à choisir entre frapper des infrastructures civiles et laisser l'ennemi opérer.
C'est un choix cruel. Israël a fait son choix.
Et le résultat 30 universités touchées, 700 écoles détruites, l'Institut Pasteur en cendres, le plus haut pont du Moyen-Orient effondré, ce résultat est précisément ce que Trump a appelé l'âge de pierre.
Ce n'est pas une métaphore. C'est un programme d'application. Et il est en cours d'exécution.
Alexandre avait dit, après la destruction de Persépolis : j'ai brûlé la bibliothèque du monde. Il le regrettait. Les actuels décideurs semblent plus à l'aise avec leur propre programme.
V. LE PILOTE RETROUVÉ UN HOMME, 24 HEURES, 60 000 DOLLARS
L'officier des systèmes d'armes du F-15E abattu a été retrouvé et évacué après plus de 24 heures en territoire iranien hostile.
Des civils le traquaient pour une prime de 60 000 dollars. Des armes légères ciblaient les hélicoptères de secours.
Cet homme a survécu à quelque chose que la plupart d'entre nous ne pouvons qu'imaginer. Dans un pays dont l'armée vient d'abattre son avion, sous la menace de civils qui ont besoin de 60 000 dollars dans une économie ravagée par les sanctions et les bombardements.
Je pose ces 60 000 dollars un instant.
60 000 dollars de prime pour un pilote américain dans un pays dont le PIB par habitant était déjà sous pression avant que la guerre commence. Dans un pays où les sanctions et maintenant les bombes ont détruit les revenus ordinaires de millions de familles. Pour ces familles, 60 000 dollars n'est pas une prime. C'est une fortune. Une vie.
Cette prime dit quelque chose sur ce que la guerre fait aux populations civiles, elle transforme la survie individuelle en menace pour l'adversaire. Elle militarise la pauvreté.
C'est le résultat qui n'apparaît dans aucun rapport stratégique.
VI. BUSHEHR ET LE FANTÔME NUCLÉAIRE
Un projectile a atterri au périmètre de la centrale nucléaire de Bushehr. Un garde tué. Près de 200 techniciens russes de Rosatom évacués.
Quatrième incident impliquant Bushehr dans ce conflit.
Quatre fois.
L'AIEA surveille. L'AIEA appelle à la retenue. L'AIEA n'a pas les moyens d'empêcher une cinquième frappe.
Ce qui est troublant avec Bushehr n'est pas seulement le risque d'accident nucléaire — réel mais contenu par la robustesse de la centrale. C'est ce que chaque frappe supplémentaire à proximité signale : quelqu'un teste les limites de ce qui est frappable. Quelqu'un cartographie les réactions de l'adversaire et de la communauté internationale à chaque nouvelle approximation.
C'est de l'escalade progressive par le test.
Et à chaque test sans réponse decisive — de l'AIEA, du Conseil de Sécurité, des grandes puissances — le seuil suivant devient un peu plus franchissable.
Jusqu'où ?
VII. L'INDE ACHÈTE DU PÉTROLE IRANIEN OU LE RÉALISME SANS FARD
L'Inde vient d'acheter du pétrole iranien pour la première fois depuis des années.
C'est la définition du réalisme pragmatique. L'Inde — médiateur autoproclamé, interlocuteur de tous, arbitre patient — a regardé le brut à 110 dollars, regardé ses besoins énergétiques, et décidé qu'elle avait besoin de pétrole moins cher.
La morale internationale attend. L'économie indienne n'attend pas.
C'est honnête. C'est cohérent avec la doctrine du multi-alignement de Modi que j'ai décrite depuis plusieurs chroniques. Et c'est un signal supplémentaire que les sanctions américaines contre l'Iran — déjà percées par la Chine, maintenant contournées par l'Inde — sont en train de devenir une fiction administrative plus qu'une réalité économique.
VIII. LE PÉTROLE À 60% DE HAUSSE ET CE QUE ÇA VEUT DIRE POUR NOUS
4,10 dollars le gallon aux États-Unis. Plus 12 cents en une semaine. Plus 60% depuis le 28 février.
Et les analystes privés de Wall Street discutent de 200 dollars le baril si le détroit reste fermé après lundi.
200 dollars.
Pour l'Afrique subsaharienne 200 dollars le baril, c'est l'effacement de plusieurs années de croissance économique modeste. C'est la destruction des marges des entreprises de transport. C'est l'explosion des prix alimentaires dans des pays où une famille dépense déjà 60 à 70% de ses revenus pour se nourrir.
Ce n'est pas une abstraction économique. C'est la table du soir dans des millions de foyers africains.
Et aucun de ces foyers n'a été consulté sur la décision de déclencher cette guerre.
IX. ÉPILOGUE LES DEUX ENFERS ET L'ENTRE-DEUX
Deux enfers qui se menacent.
Derrière ces rhétoriques apocalyptiques, il y a une réalité que le Jour 36 ne dissimule plus.
L'Iran dispose d'armes inconnues qu'il révèle progressivement. Sa doctrine de résistance tient. Son arsenal est dégradé mais pas épuisé. Et ses exigences — l'humiliation de l'adversaire, les réparations, la souveraineté sur Ormuz — sont structurellement incompatibles avec toute position américaine politiquement supportable.
Les États-Unis bombardent depuis 36 jours avec une intensité record. Ils ont perdu des appareils. Ils virent des généraux en plein conflit. Leurs alliés négocient sans eux. Leur pétrole monte. Et chaque nouvel ultimatum non exécuté enseigne à l'Iran que la résistance paie.
Quelque part entre ces deux enfers — entre la rhétorique trumpienne et l'intransigeance iranienne — se trouve la sortie. Elle n'est pas encore visible.
Mais les mathématiques de l'épuisement travaillent en silence.
L'ultimatum de 48 heures expire demain.
Il y en a eu d'autres avant celui-là.
Et le détroit est toujours fermé.
Jacob Koné Katina, chroniqueur politique, Bingerville.

samedi 4 avril 2026

JOUR 35 : L'AMÉRIQUE PERD DES AVIONS

 JOUR 35 : L'AMÉRIQUE PERD DES AVIONS

Chronique d'une guerre qui vire de bord pendant qu'un F-15 tombe sur l'Iran, qu'un général est viré en plein conflit, et que 40 pays tentent de sauver le détroit sans les États...
Un moment obsède les états-majors en privé : le moment où une puissance dominante commence à perdre des équipements de haute valeur dans un conflit asymétrique. Pas des soldats, les soldats, les démocraties en perdent et continuent. Mais des équipements. Des avions. Ces machines à plusieurs dizaines de millions de dollars que l'ennemi ne devrait, selon toute logique capacitaire, pas être capable d'atteindre.
Le Jour 35, l'Iran a abattu un F-15E Strike Eagle américain.
Puis, pendant la mission de sauvetage, un A-10 Warthog a également été descendu. Deux hélicoptères Black Hawk touchés par des tirs d'armes légères.
Un F-15E. Un A-10. Deux Black Hawk.
En une seule journée.
Et pendant ce temps, à Washington, Pete Hegseth virait le général en chef de l'armée américaine pendant une guerre. Cela n'était pas arrivé depuis des décennies dans l'histoire militaire américaine. On ne vire pas des généraux quatre étoiles pendant qu'on se bat. Sauf quand quelque chose ne va pas. Sauf quand les résultats ne correspondent pas aux promesses. Sauf quand le bazar atteint les couloirs du Pentagone.
Bienvenue au Jour 35.
I. LE F-15 ABATTU OU CE QUE ÇA CHANGE
Un F-15E Strike Eagle n'est pas un drone. C'est l'un des avions de combat les plus sophistiqués du monde, conçu pour pénétrer des défenses aériennes denses, pour opérer dans des environnements hostiles, pour survivre là où d'autres appareils ne peuvent pas aller. Son coût unitaire dépasse 87 millions de dollars. Sa perte dans un combat aérien contre des forces iraniennes dont l'arsenal est officiellement dégradé de deux tiers, rappelons-le, est un événement stratégique de première importance.
Carl von Clausewitz avait établi que la guerre révèle toujours ce que la paix dissimule. Ce que le Jour 35 révèle, c'est que l'Iran dispose encore de capacités de défense antiaérienne suffisantes pour menacer les appareils les plus avancés de l'aviation américaine.
Et que ces capacités n'ont pas été détruites en 35 jours de frappes.
12 000 vols de combat. 11 000 cibles frappées. Et un F-15E au sol en Iran avec l'un de ses pilotes en zone de recherche.
Ce n'est pas une défaite. Mais c'est un signal. Et les signaux, en temps de guerre, valent parfois plus que les batailles.
Un pilote a été récupéré. L'officier des systèmes d'armes est toujours recherché. Ces deux hommes ont des familles. Ces familles ont des noms que les communiqués militaires ne mentionneront pas avant notification complète.
Et pendant que la recherche continue, Trump tweete Bridges next, then Electric Power Plants!
II. UN GÉNÉRAL VIRÉ EN PLEIN CONFLIT OU LES SIGNES QUI NE MENTENT PAS
Pete Hegseth a renvoyé le général en chef de l'armée américaine et deux autres officiers supérieurs. En pleine guerre.
L'histoire militaire américaine n'offre que quelques précédents à ce geste. MacArthur viré par Truman en 1951 pendant la guerre de Corée mais c'était MacArthur qui avait outrepassé ses ordres de manière publique et spectaculaire. Ici, aucune explication publique substantielle n'a été fournie.
On vire des généraux en temps de guerre pour deux raisons. Soit ils ont failli à leurs missions. Soit ils ont dit des vérités que le pouvoir politique ne voulait pas entendre.
Dans les deux cas, c'est une mauvaise nouvelle.
Si le général a failli, la guerre se passe moins bien que les communiqués officiels ne le laissent croire. Si le général a dit la vérité, le pouvoir politique préfère les généraux qui confirment ses certitudes plutôt que ceux qui lui présentent des réalités inconfortables.
Machiavel écrivait que le prince qui ne sait pas reconnaître les mauvaises nouvelles finit par ne plus en recevoir et gouverne dans l'illusion. L'histoire des grandes défaites militaires est peuplée de dirigeants entourés de généraux qui savaient ce que le chef voulait entendre.
La question du Jour 35 : Hegseth a-t-il renvoyé un général qui lui disait que la guerre ne se passe pas comme prévu ?
Si oui les prochaines semaines seront révélatrices.
III. L'IRAN REJETTE LE CESSEZ-LE-FEU DE 48 HEURES ET RÉCLAME L'HUMILIATION
L'Iran a rejeté la proposition américaine de cessez-le-feu de 48 heures. Ses militaires ont été plus loin : la guerre continuera jusqu'à ce que ses ennemis connaissent l'humiliation et la reddition.
L'humiliation.
Ce mot choisi avec soin, prononcé publiquement, dans le contexte d'un pays dont les écoles brûlent, dont le pont le plus haut vient de s'effondrer, dont 2 076 civils sont morts, ce mot dit quelque chose d'essentiel sur l'état d'esprit iranien au Jour 35.
Il dit : nous ne négocions pas depuis une position de faiblesse. Nous négocions depuis une position de principe. Et notre principe est que celui qui nous a frappés doit reconnaître publiquement qu'il a eu tort.
C'est irréconciliable avec toute position américaine possible.
Aucun président américain — et certainement pas Trump — ne peut rentrer à Washington en ayant reconnu publiquement que sa guerre était une erreur. C'est politiquement suicidaire. C'est institutionnellement impossible.
L'Iran le sait. Et l'Iran réclame quand même l'humiliation.
Ce n'est pas de la négociation. C'est de la posture de guerre totale.
Et pendant que l'Iran pose des conditions impossibles, il frappe les centrales électriques et les usines de dessalement du Koweït. Il envoie 18 missiles balistiques, 4 missiles de croisière et 47 drones sur les Émirats en une seule journée. Il frappe pendant Pessah. Il maintient le détroit fermé.
La cohérence de l'Iran dans ce conflit reste remarquable. Remarquablement dure pour ceux qui en subissent les conséquences. Mais remarquable.
IV. LE PENTAGONE ABSENT DES NÉGOCIATIONS D'HORMUZ OU LA FRACTURE DEVENUE BÉANTE
Le Royaume-Uni mène des négociations avec 40 pays pour rouvrir le détroit d'Ormuz.
Les États-Unis n'y participent pas.
Relisez cette phrase.
Les États-Unis qui ont déclenché cette guerre, qui ont 60 000 soldats dans la région, qui ont bombardé 11 000 cibles iraniennes, qui ont perdu 13 soldats et 300 blessés ne participent pas aux négociations internationales pour rouvrir le détroit que leur guerre a fermé.
C'est soit un signe que Washington mène ses propres négociations en parallèle, ce qui serait cohérent avec la logique de médiation pakistanaise. Soit un signe que la fracture entre les États-Unis et leurs alliés est maintenant si profonde que les deux camps conduisent des processus séparés sur le même dossier.
Tocqueville avait noté que les grandes démocraties souffrent d'une incapacité structurelle à maintenir des alliances durables parce qu'elles subordonnent la politique étrangère aux impératifs électoraux internes. Au Jour 35, l'Alliance Atlantique regarde la Grande-Bretagne tenter de réparer ce que l'Amérique a cassé sans que l'Amérique daigne participer à la réparation.
C'est une image.
V. LES COMPAGNIES AÉRIENNES ET LE MONDE QUI RÉTRÉCIT
L'industrie aéronautique mondiale avait prévu 41 milliards de dollars de profits records pour 2026. Le carburant aviation a plus que doublé. Korean Air est en gestion d'urgence. Air New Zealand coupe des routes. Vietnam Airlines taille dans ses vols. Les Philippines envisagent d'immobiliser leurs avions.
Une guerre au Moyen-Orient. Chaque vol sur terre est affecté.
C'est la mondialisation dans sa version catastrophique, cette interdépendance que les économistes célébraient dans les années 1990 comme la garantie de la paix perpétuelle. L'interdépendance, disait-on, rendrait les guerres trop coûteuses pour être rationnelles. Aucune grande puissance ne déclencherait un conflit qui couperait ses propres chaînes d'approvisionnement.
L'Amérique vient de démontrer que c'était faux.
Et le monde entier découvre que les chaînes d'interdépendance ne sont pas des garde-fous. Ce sont des courroies de transmission du chaos.
VI. 2 076 MORTS. 700 ÉCOLES. CE QUE LES CHIFFRES CACHENT
2 076 morts en Iran. 26 500 blessés. 700 écoles et centres éducatifs touchés.
Netanyahu avait dit que les IRGC se cachaient dans les écoles.
Sept cents écoles.
Je ne vais pas revenir sur l'argument militaire, j'en ai parlé hier. Je vais juste poser une question simple.
Ces 600 écoles contenaient des enfants. Ces enfants, aujourd'hui, n'ont plus de lieux où apprendre. Dans dix ans, dans vingt ans, dans trente ans, qu'est-ce que ces enfants feront de cette mémoire ?
Edward Said écrivait dans L'Orientalisme que la domination militaire sans compréhension culturelle produit invariablement ses propres ennemis futurs. Détruire 700 écoles iraniennes, c'est fabriquer les motivations de la prochaine génération des gardiens de la révolution.
Ce n'est pas de la morale. C'est de la stratégie à long terme et elle est catastrophique.
VII. VOS ÉCONOMIES ET LA GUERRE QUI VOUS COÛTE SANS VOUS CONSULTER
Le bulletin du Jour 35 dit quelque chose que je veux saluer pour sa franchise : vos économies en dollars perdent de la valeur chaque jour que cette guerre continue.
L'or monte. Le bitcoin monte. Le pétrole monte. Le dollar perd de la valeur relative.
La classe moyenne — américaine, européenne, africaine, asiatique — paie cette guerre à travers l'inflation. Elle paiera la reconstruction à travers les impôts. Elle payait déjà la pauvreté de la crise précédente.
Les guerres ont toujours été financées ainsi. Les décideurs décident. Les populations paient. Les historiens expliquent pourquoi c'était inévitable.
Keynes écrivait que les guerres sont financées par l'inflation c'est-à-dire par un impôt déguisé prélevé sur ceux qui n'ont pas de lobby pour les en dispenser.
La classe moyenne mondiale est cet impôt qui marche.
VIII. ÉPILOGUE LA GUERRE AU JOUR 35
Un F-15E au sol en Iran. Un général viré. Un cessez-le-feu rejeté. 40 pays qui négocient sans Washington. Le pétrole au-dessus de 100 dollars. Les compagnies aériennes en urgence. 700 écoles iraniennes détruites. Et Trump qui annonce deux à trois semaines de frappes supplémentaires encore plus dures.
Hemingway écrivait, dans L'Adieu aux armes : « Le monde brise tout le monde. Et ensuite, certains sont plus forts aux endroits brisés. »
L'Iran est brisé à beaucoup d'endroits.
Il reste à voir s'il en sortira plus fort ou simplement différent.
Et à voir si ce monde, lui aussi brisé à ses points de fracture — économiques, diplomatiques, climatiques, civilisationnels — trouvera quelque part la ressource de ne pas répéter, dans vingt ans, la même erreur avec d'autres acteurs.
Le pilote est retrouvé.
L'officier des systèmes d'armes est toujours en Iran.
Le détroit est toujours fermé.
Et la guerre, selon Trump, durera encore deux à trois semaines.
Il avait dit six semaines au départ.
Nous en sommes à trente-cinq jours.
Les mathématiques continuent de ne pas faire de discours.
Jacob Koné Katina, chroniqueur politique, Bingerville.

mercredi 1 avril 2026

COMMENT UN MOTEUR DE RECHERCHE TROUVE TA RÉPONSE

  COMMENT UN MOTEUR DE RECHERCHE TROUVE TA RÉPONSE EN UNE FRACTION DE SECONDE ?

Quand tu tapes une question sur Google ou un autre moteur de recherche, tu as souvent l’impression qu’il “lit tout Internet” en direct pour te répondre.
Mais en réalité… non.
Heureusement d’ailleurs, sinon il lui faudrait un temps fou. 😄
Un moteur de recherche ne parcourt pas tout le web au moment où tu fais ta recherche.
Il travaille plutôt comme un bibliothécaire très organisé.
📚 L’analogie du bibliothécaire
Imagine une immense bibliothèque avec des millions de livres.
Tu arrives et tu demandes :
“Je cherche un livre qui parle des volcans en Afrique.”
Un mauvais bibliothécaire ferait ceci :
il prendrait chaque livre un par un, lirait tout, puis essayerait de trouver la réponse.
Ce serait beaucoup trop lent.
Un bon bibliothécaire, lui, a déjà préparé des fiches, des catégories, des mots-clés, des emplacements, et sait directement dans quelle zone chercher.
C’est exactement ce que fait un moteur de recherche.
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1️⃣ Il commence par explorer le web
Avant même que tu poses ta question, le moteur de recherche envoie des programmes automatiques qu’on appelle souvent des robots ou des crawlers.
Leur travail, c’est de visiter les pages web, un peu comme des agents qui parcourent les rayons d’une bibliothèque pour noter ce qui existe.
Ils regardent :
les titres,
le contenu des pages,
les liens entre les pages,
les images,
certains mots importants.
En gros, ils font l’inventaire du web.
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2️⃣ Ensuite, il fait de l’indexation
L’indexation, c’est l’étape la plus importante.
Le moteur ne garde pas simplement “une copie brute” de tout.
Il construit plutôt une sorte de grand catalogue intelligent.
Par exemple, il note :
telle page parle de “réseau informatique”,
telle autre parle de “Python débutant”,
telle autre parle de “comment installer Linux”,
telle page contient souvent les mots “base de données”, “SQL”, “requête”.
Donc quand tu tapes une recherche, il ne part pas de zéro.
Il consulte d’abord son index, c’est-à-dire son catalogue déjà préparé.
👉 C’est pour cela qu’il répond si vite.
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3️⃣ Il cherche les mots-clés
Quand tu écris ta recherche, le moteur essaie d’abord de comprendre les mots importants.
Exemple :
si tu tapes “pourquoi mon wifi est lent”, il va repérer des éléments comme :
pourquoi,
wifi,
lent.
Puis il va comparer cela avec les pages qu’il a déjà indexées.
Mais attention : il ne fait pas juste une recherche bête mot pour mot.
Aujourd’hui, les moteurs essaient aussi de comprendre :
le sens de ta question,
les variantes,
le contexte,
parfois même ton intention.
Par exemple, entre :
“installer windows”
“réparer windows”
“windows ne démarre pas”
… le mot Windows est le même, mais le besoin n’est pas du tout le même.
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4️⃣ Il fait un classement
Une fois qu’il a trouvé beaucoup de pages possibles, il doit décider :
“Laquelle mérite d’être affichée en premier ?”
C’est là qu’intervient le classement.
Le moteur attribue une sorte de note aux pages selon plusieurs critères, par exemple :
est-ce que la page parle vraiment du sujet ?
est-ce que le titre correspond à la recherche ?
est-ce que le contenu semble clair et utile ?
est-ce que d’autres sites sérieux pointent vers cette page ?
est-ce que la page est rapide et lisible ?
est-ce qu’elle semble fiable ?
C’est comme un bibliothécaire qui se dit :
“Oui, j’ai 50 livres sur ce sujet, mais celui-ci est plus clair, plus complet et mieux rangé, donc je te le donne d’abord.”
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5️⃣ Il essaie de juger la pertinence
La pertinence, c’est simplement la question :
“Est-ce que cette page répond vraiment à ce que l’utilisateur veut ?”
Parce qu’une page peut contenir les bons mots-clés…
mais ne pas vraiment répondre à la question.
Exemple :
Tu cherches : “comment apprendre Python quand on débute”
Une page qui répète 50 fois “Python Python Python” n’est pas forcément utile.
Par contre, une page qui explique clairement :
par où commencer,
quels outils installer,
quels exercices faire,
quelles erreurs éviter,
… sera jugée plus pertinente.
Donc le moteur ne cherche pas seulement des mots.
Il cherche la meilleure réponse possible parmi ce qu’il connaît déjà.
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6️⃣ Pourquoi c’est si rapide ?
Parce qu’au moment où tu poses la question :
✅ le web a déjà été exploré
✅ les pages ont déjà été classées dans un index
✅ le moteur ne “lit” pas tout Internet en direct
✅ il consulte son catalogue, trie, compare et affiche
C’est comme dans un supermarché bien organisé :
Tu ne cherches pas une bouteille d’huile en ouvrant tous les cartons du magasin.
Tu vas directement au rayon concerné.
Le moteur de recherche fait pareil, mais à une échelle gigantesque.
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7️⃣ Ce qu’il faut retenir
Un moteur de recherche fonctionne grosso modo en 4 grandes étapes :
Explorer le web
Indexer les pages
Chercher les mots-clés et le sens
Classer les résultats par pertinence
Donc quand tu tapes une question et que la réponse arrive presque instantanément, ce n’est pas de la magie.
C’est surtout :
beaucoup d’organisation,
beaucoup de calcul,
beaucoup de tri,
et un immense catalogue préparé à l’avance.
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💡 Moralité :
Un moteur de recherche ne lit pas tout Internet au moment où tu cherches.
Il travaille comme un bibliothécaire ultra rapide, qui connaît déjà sa bibliothèque, ses rayons, ses fiches et les livres les plus utiles.
C’est cette préparation en amont qui lui permet de répondre en une fraction de seconde.




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