« S’il y avait une chose que la science pensait connaître aussi bien que la matière, c’était l’espace – le domaine dans lequel la matière se déplaçait, tout simplement. Mais l’espace n’était pas vraiment « là », lui non plus. En tout cas pas de la façon simple, directe et facile à comprendre envisagée par les scientifiques. Il se courbait. Il s’étirait. Il était inextricablement lié au temps. Il était tout sauf simple. »
«Un autre facteur est entré en ligne de compte : un facteur que la science connaissait depuis longtemps, mais auquel elle n’avait jusqu’alors accordé aucune importance. »
« Ce nouveau facteur était la conscience – le fait simple et pourtant suprêmement complexe d’être conscient, de se connaître soi-même ainsi que le monde autour de soi.
Personne dans la communauté scientifique n’avait la moindre idée de ce qu’était la conscience »
«Dans les années 1920, les expériences de mécanique quantique ont révélé non seulement que l’on pouvait détecter la conscience, mais encore que, au niveau subatomique, il n’y avait pas moyen de faire autrement puisqu’en réalité la conscience de l’observateur le reliait à tout ce qu’il observait. Elle était une part immuable de toute expérience scientifique. »
« Au fil des années et à mesure que l’expérimentation scientifique au niveau subatomique – un domaine que l’on appelle de façon générale la mécanique quantique – est devenue de plus en plus sophistiquée, le rôle clé joué par la conscience dans chaque expérience est devenu de plus en plus évident. »
« Le physicien et mathématicien espagnol Ernst Pascual Jordan a exprimé l’idée avec encore plus de force : « Les observations, a-t-il écrit, non seulement perturbent ce qui doit être mesuré, mais elles le produisent. » Cela ne veut pas forcément dire que nous fabriquons la réalité avec notre imagination ; mais cela veut dire que la conscience est à ce point liée à la réalité qu’il n’y a aucune façon de concevoir la réalité sans elle. »
« Les brillants pères fondateurs de ce domaine, dont Werner Heisenberg, Louis de Broglie, Sir James Jeans, Erwin Schrödinger, Wolfgang Pauli et Max Planck, ont été conduits au mysticisme par leurs tentatives de comprendre pleinement les résultats de leurs expériences sur les mécanismes du monde subatomique. D’après le « problème de la mesure », la conscience joue un rôle crucial dans le fait de déterminer la façon dont la réalité se déploie. Il n’y a aucun moyen de séparer l’observateur de ce qui est observé. La réalité décrite par les expériences de mécanique quantique est totalement contre-intuitive par rapport au contenu de notre expérience quotidienne dans le domaine terrestre. »
« Le jour où la science commencera à étudier les phénomènes non physiques, elle fera plus de progrès en une décennie qu’au cours de tous les siècles précédents de son existence. » Nikola Tesla (1856-1943).
«Des découvertes telles que celle effectuée par le physicien Werner Heisenberg, qui montre que les particules ne sont jamais vraiment en un seul endroit, mais occupent un état constant de probabilité statistique – de sorte qu’elles peuvent être ici ou là, mais qu’elles ne peuvent jamais être parfaitement localisées en seul point de façon certaine. Ou bien qu’un photon – l’unité de lumière – apparaîtra comme une onde si nous le mesurons d’une certaine façon, ou comme une particule si nous le mesurons d’une autre façon, bien qu’il soit toujours exactement le même photon. »
«Il existe un monde plus vaste derrière celui que nous voyons autour de nous chaque jour. Ce monde plus vaste nous aime plus que nous ne pouvons l’imaginer et il nous observe à chaque instant, espérant que nous remarquerons autour de nous ses incitations à relever sa présence. »
« Swedenborg croyait à l’idée antique du microcosme – le fait que chacun de nous est une sorte d’univers en miniature. Si nous regardons en nous de la bonne manière, dit-il, nous ne trouverons pas seulement une carte du paradis, mais le paradis lui-même. Toutes nos idées concernant ce qui est « externe », donc réel, et « interne », donc imaginaire, sont basées sur nos expériences dans le domaine matériel, où la conscience passe par l’interface du cerveau, et dans lequel nous nous déplaçons avec un corps physique dont nous avons fini par croire qu’il représente notre identité complète. En réalité, ce que nous éprouvons comme notre être « intérieur » n’est pas « à l’intérieur » de nous, et quand quelqu’un comme Swedenborg déclare qu’il existe des mondes entiers « en nous », il ne parle pas de notre capacité à imaginer des endroits irréels. Il dit que l’Univers est un lieu spirituel plutôt que physique et que l’Univers spirituel contient de nombreux mondes – « de nombreuses demeures », comme l’a dit Jésus – et ces mondes sont exactement cela : des « mondes, avec des nuages, des brises, des climats et des êtres. « Plus un homme s’abandonne à Dieu, écrit la spécialiste de Swedenborg Ursula Groll, et déploie ce “paradis” en lui, plus il s’approche de Dieu et plus il devient un homme, car il détient une plus grande part de la conscience cosmique ou du tout universel6. » En d’autres termes, cartographier le paradis était pour Swedenborg non seulement une science légitime, mais c’était encore quelque chose que nous devons faire afin d’être pleinement humains. »
« Le paradis n’est pas le « ciel extérieur visible », a écrit le mystique persan Najmoddin Kobra, utilisant un langage merveilleux par son audacieuse justesse. Il y a, disait-il, « d’autres cieux, plus profonds, plus subtils, plus bleus, plus purs, plus brillants, innombrables et sans limites ». D’autres cieux, vraiment ? Oui. Kobra le pense ainsi. Il ne parle pas de façon métaphorique. Cependant ces lieux ne peuvent être pénétrés que par des personnes qui sont accordées spirituellement à eux. Dans les univers au-delà du physique, on ne peut pas simplement arpenter de nouveaux territoires et les conquérir. Nous devons, au contraire, nous accorder à eux, nous harmoniser avec eux, sans quoi ils nous resteront fermés. « Plus vous devenez purs à l’intérieur, a écrit Kobra, plus pur et somptueux est le Ciel qui vous apparaît, jusqu’à ce que vous marchiez finalement dans la divine pureté. Mais la pureté divine est également sans limite. Ne croyez donc jamais qu’il n’y a rien au-delà de ce que vous avez atteint, ni plus haut7. »
Le Paradis est un endroit aussi réel que la pièce, l’avion, la plage ou la bibliothèque où vous êtes maintenant. Il contient des objets. Des arbres, des champs, des êtres, des animaux… et même – si l’on se base sur l’Apocalypse, sur le visionnaire persan du xiie siècle Suhrawardi ou encore sur le philosophe arabe du xiie siècle Ibn’Arabi – de véritables cités. Mais les règles de fonctionnement de ce lieu – les lois de la physique du paradis, si l’on veut – sont différentes des nôtres. Toutefois, la règle essentielle dont nous devons nous souvenir tant que nous sommes ici est que nous parvenons, au bout du compte, là où nous devons aller, et que nous y sommes entraînés par la quantité d’amour que nous avons en nous, car l’amour est l’essence même du paradis. C’est ce dont il est fait. Il y est « monnaie courante ».
Nous ferions bien d’appliquer également ce principe dans nos vies terrestres – de nous aimer vraiment nous-mêmes comme les êtres spirituels divins et éternels que nous sommes, et de transmettre cet amour à nos semblables et à toute la création. En servant de canal à l’amour inconditionnel du créateur pour la création, en témoignant de la compassion et « et du pardon, nous apportons une énergie guérisseuse de capacité infinie à tous les niveaux du domaine matériel. C’est aussi pourquoi la qualité principale qui nous est demandée, si nous voulons avoir un aperçu de cet endroit pendant que nous sommes vivants sur terre, ce n’est pas un grand intellect, ni beaucoup de malice, aussi utiles que soient ces qualités. Ce qui nous est demandé, c’est l’honnêteté. La vérité peut être approchée de milliers de façons. Mais parce que le semblable attire le semblable, comme Platon l’a dit lui-même, ce dont nous avons besoin par-dessus tout afin d’appréhender la vérité est d’être authentiques avec nous-mêmes, et honnêtes quant à la bonté et la détermination qui sont à l’œuvre en nous.
« Le semblable comprend le semblable. L’Univers est basé sur l’amour, mais si nous n’avons pas d’amour en nous, l’Univers se coupera de nous. Nous passerons nos vies à déclarer triomphalement que le monde spirituel n’existe pas parce que nous aurons échoué à éveiller l’amour en nous qui, à lui seul, peut nous rendre visible cette idée. Nul ne vient à la vérité de façon malhonnête. On ne peut pas y venir en se racontant des mensonges à soi-même ou aux autres. On ne peut pas y venir en donnant seulement un éclat superficiel de soi-même, alors que son soi plus grand et plus profond est laissé derrière. Si l’on veut tout voir du paradis, il faut y venir tout entier, ou bien rester chez soi. »
« Nous faisons l’expérience de la vie à travers le cerveau tant que nous sommes dans notre corps. Le cerveau est le centre de commutation entre « ici » – le corps – et « là » – les vastes mondes au-delà du corps. Mais cela ne « signifie pas que le cerveau est la cause de l’expérience consciente. Ce qui se passe est bien plus complexe. Un va-et-vient constant se produit entre notre cerveau et notre conscience, et le cerveau tente vaillamment de nous garder en vie et hors de danger en conservant le contrôle total, sans se laisser distraire par l’apport de données bien réel qui provient d’au-delà le monde physique. »
« Par la consommation de drogues, le cerveau est forcé d’abandonner son contrôle sur la conscience, et lorsque la drogue cesse de produire son effet, la personne retombe plus profondément dans l’incarnation. Elle heurte violemment le sol, et à chaque nouveau départ et retour qu’elle effectue de cette façon, elle abîme à la fois son âme et son corps – en plus d’affaiblir ses chances d’être éventuellement capable d’atteindre ce relâchement naturellement. »
« Notre corps renferme d’innombrables indices de la nature véritable des êtres cosmiques que nous sommes à l’état naissant. Quand tout fonctionne en harmonie, le corps n’est pas uniquement une ancre qui obscurcit nos réalités spirituelles, il est aussi un outil pour exprimer ces capacités dans notre réalité terrestre. »
« Ce domaine est bien plus réel que notre monde matériel obscur et quasi onirique. Le voile qui selon moi se trouve entre les deux est judicieusement conçu par une intelligence infiniment plus grande que la nôtre, et il est là pour une bonne raison. Je pense que ce domaine terrestre est l’endroit où nous devons apprendre les leçons de l’amour inconditionnel, de la compassion, du pardon et de l’acceptation. La connaissance de notre nature spirituelle éternelle n’est pas censée être aussi claire pour nous que la Lune s’élevant la nuit dans le ciel. Notre capacité à pleinement comprendre les leçons les plus importantes de la vie dépend du fait que notre être reste partiellement éloigné de ce savoir plus complet – et cependant fini – que possède notre âme. »
« Pour comprendre cela, le plus simple est de prendre le schéma du monde utilisé dans de nombreuses traditions antiques, et en particulier par les mystiques de la Perse antique. « Ce schéma, ou cette carte, représente l’Univers comme un chapeau large à sa base et pointu à son sommet – comme un chapeau de magicien. Imaginez un tel chapeau posé au sol. Sa base, le cercle plat élargi, représente le domaine terrestre. Imaginez maintenant que ce chapeau possède une série de niveaux ou d’étages à l’intérieur, qui deviennent de plus en plus étroits à mesure que l’on s’élève. Nous avons là une façon claire – bien que très simplifiée – de décrire ce qui se produit lorsque l’âme s’élève dans les mondes spirituels. Ces mondes ne deviennent pas plus étroits à mesure que nous montons. C’est en fait le contraire. Ils deviennent plus vastes, de plus en plus difficiles à décrire de là où nous sommes. Mais en un sens spatial, ils deviennent en effet plus petits, car l’espace n’existe plus comme il existe ici. L’espace devient moins important, car « sa nature ultimement illusoire devient plus apparente. Dans ces domaines supérieurs, nous faisons directement l’expérience de ce que nous dit de façon bien plus abstraite le théorème de Bell, selon lequel deux particules situées en des endroits éloignés de l’Univers peuvent interagir sans aucun délai. L’Univers est Un.
Les domaines au-delà de celui-ci sont remplis de vastes espaces, de vues incomparables aux plus grandioses et inspirantes que nous puissions trouver sur Terre. Ces espaces sont remplis d’objets et d’êtres que nous reconnaissons appartenir à la vie terrestre. Ils sont réels. Mais l’espace qu’ils habitent est un espace supérieur au nôtre, de sorte que rien ne fonctionne comme ici et que l’on se heurte à des difficultés dès l’instant où l’on cherche à le décrire. Il est réel mais – tout comme la matière lorsque l’on descend à l’échelle quantique – il ne se « comporte pas de la façon à laquelle nous sommes habitués.
La sagesse traditionnelle nous dit qu’au sommet du chapeau, toute extension disparaît. Ce point – le pic du chapeau du magicien – est l’endroit où nos catégories terrestres d’espace, de temps et de mouvement, qui sont de plus en plus « spiritualisées » à mesure que l’on s’élève, s’évanouissent. Au-delà, il n’y a ni espace ni temps… Aucun des marqueurs auxquels nous sommes habitués ici-bas.
Mais la chose que nous connaissons sur Terre et qui demeure au-delà de ce point est l’amour. Dieu est amour, tout comme nous sommes amour, au plus profond de nous-mêmes. Ce n’est pas un amour abstrait. Une telle chose n’existe pas. Cet amour est plus dur que le roc, plus fort qu’un grand orchestre, plus vital qu’un orage, aussi fragile et émouvant que la plus faible et la plus innocente des créatures, et aussi puissant qu’un millier de soleils. Nous ne pouvons pas conceptualiser cette vérité de façon adéquate, mais nous en ferons toutes et tous l’expérience.»